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18 décembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

A quand le réchauffement des relations avec les journalistes ?


A l’occasion de l’annonce historique du réchauffement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba après plus d’un demi-siècle de gel, Reporters sans frontières fait le point sur la liberté d’information dans l’île et demande la libération des journalistes et blogueurs emprisonnés.A l’heure de l’ouverture diplomatique, il est grand temps que Cuba réchauffe ses relations avec les journalistes indépendants en commençant par libérer immédiatement les deux journalistes et le blogueur indûment emprisonnés, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques. Le dégel passe également par la fin des intimidations et des menaces et la possibilité pour les acteurs de l’information d’exercer librement et sans pression leurs activités. Il est temps, plus que jamais, que les Cubains bénéficient d’une information plurielle, indépendante et diversifiée.” Un défi majeur pour Cuba où l’état de la liberté de l’information demeure extrêmement problématique. Le gouvernement conserve un monopole absolu sur l’information et ne tolère aucune presse indépendante à l’exception de quelques revues catholiques. Seuls les médias officiels sont autorisés (la télévision nationale, une radio, deux quotidiens – Granma et Juventud Rebelde – et leurs déclinaisons locales), limitant sérieusement l’accès à une information libre et indépendante. Les autorités contrôlent également la couverture médiatique des journalistes étrangers en octroyant des accréditations de manière sélective et en expulsant les journalistes considérés “trop négatifs” à l’encontre du régime. L’accès à Internet demeure restreint, en raison de son coût prohibitif, et extrêmement contrôlé. Les sites cubains d’information indépendants hébergés à l’étranger, tels que Payo Libre, Hablemos Press, Cubanet, Cuba Encuentro et Martí Noticias, demeurent inaccessibles sur l’île. Les autorités invoquent fréquemment l’embargo américain pour justifier le faible taux de pénétration d’Internet sur l’île mais l’activation du câble à fibre optique vénézuelien ALBA-1 démontre une volonté politique des autorités de contrôler le réseau. Outre le manque de pluralisme médiatique, la répression à l’encontre des journalistes et blogueurs véhiculant des idées critiques à l’encontre du gouvernement se poursuit. Depuis la libération du dernier journaliste arrêté lors du “Printemps noir” en 2011, les professionnels des médias, les blogueurs et les citoyens-journalistes subissent menaces, campagnes de diffamation, arrestations et détentions arbitraires. A ce jour, les journalistes Yoenni de Jesús Guerra García, José Antonio Torres et le blogueur Ángel Santiesteban-Prats, qui a dénoncé à plusieurs reprises avoir subi des actes de torture, sont toujours en détention. Dernier pays de la zone Amériques, Cuba est 170ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.