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Jila Bani Yaghoob

Journaliste et responsable du site Kanoon Zanan Irani (Centre des femmes iraniennes), Jila Bani Yaghoob est censée se taire jusqu’en… 2040. En 2010, elle a en effet été condamnée par un tribunal de Téhéran à un an de prison et trente ans d’interdiction d’exercer son métier, pour “propagande contre le système” et “insultes envers le président”, une peine exécutée en 2012 et 2013. La prison, elle connaît bien : arrêtée le 8 mars 2009 lors d’un meeting pour la Journée internationale des femmes, elle avait passé une semaine les yeux bandés dans la tristement célèbre prison d’Evin, expérience dont elle a tiré un livre, publié hors d’Iran. Le silence imposé, elle connaît bien aussi : elle a passé sa carrière à circuler d’un journal suspendu à un journal en passe de l’être. Mais, s’inquiète-t-elle, “je me demande combien de gens dans le monde s’intéressent à mon travail, à mon peuple, à mon pays”…